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Pendant près de trente mille ans, des populations diverses
se sont succédées sur le territoire actuel de la République
de Guinée.
L’implantation
des populations Soussou et Malinké à commencé
au Xème siècle tandis d’autres ethnies étaient
repoussées vers des zones reculées.
Le
territoire actuel de la Haute Guinée fit partie de l’Empire
du Ghana au Xème et XI ème siècle, puis de
l’Empire du Mali au XIV ème siècle et enfin
de l’Empire Songhai jusqu’au XIX ème siècle.
L’implantation des Peuhls eut lieu au XVI ème siècle
et s’opéra avec l’islamisation de la région.
Les
populations repoussées sur le littoral établirent
des contacts commerciaux avec les Européens qui convoitaient
les esclaves, les épices et l’huile de palme… |
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La
colonisation française commença en 1838 avec la constitution,
vers 1850 d’un protectorat des " Rivières du Sud
", rattaché au Sénégal. |
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En
1893, la colonie de la Guinée Française est instaurée.
Elle sera englobée deux ans plus tard dans le Gouvernement
général de l’Afrique occidentale française
(AOF). |
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La
colonisation s’était heurtée à une très
forte résistance, en particulier du Fouta Djalon, en Haute
Guinée, en pays Cognagui et pays Guerzé dans la région
forestière. Le nom " Guinée est apparu pour la
première fois au XIV ème siècle (vers 1320) dans
les écrits de l’Italien Giovani Carignan qui le porte
sur ses cartes sous la graphie de " Guania " ou " Gunaya
". |
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S’agissait-il
d’un avatar du nom " Djené ", cité-Etat
et florissant centre de négoce du bassin du Niger au VII
ème siècle ou d’une mauvaise transcription de
" Ghana ", le plus ancien Empire du Moyen -Age ouest africain
?
Toutefois,
selon Denise Palme, " il ne s’agirait que de convergence,
la principale source du mot demeure un emprunt des Ibériques
à la première langue africaine dont ils eurent connaissance,
celle des Berbères du Maroc : pris dans un sens strict, AKAL-N-IGUINAWEN
veut dire la même chose en berbère que l’arabe
BILAD-AS-SUDAN : pays des nègres ".
Dans
sa " Cronica de frettas de Guinée " (découvertes
des côtes de Guinée ) parue en 1453, l’historien
voyageur portugais, Gomès AZURARA fait mention sans équivoque,
du mot " Guinée ".
Cependant
le nom ne s’appliquait pas à un Etat précis.
L’expression " Côte de Guinée " correspond
en effet au grand golfe allant du Cap Palmas à l’estuaire
du Gabon.
Gomès
AZURARA fut aussi le premier, au XV ème siècle, à
porter sur carte la " Guinée " au sud du fleuve
Sénégal, presque dans ses limites actuelles.
La
" Guinée ", dans ses limites actuelles, est une
fabrication du fait colonial. En effet, après de nombreux
accords, traités et conventions négociés depuis
1815 entre les principales puissances coloniales qui évoluaient
sur le terrain, (Français, Portugais et Anglais), la France
va, à partir de 1875, occuper effectivement toutes les ""Rivières
du Sud ", c’est-à-dire tout le littoral du Sénégal
à la Sierra Léone.
La
Guinée française qui en résultera, ne comprenait
alors que le littoral et quelques " protectorats " nominaux
dont le Fouta Djalon.
La
Haute Guinée, quant à elle, dépendra directement
de l’administration militaire du Soudan français (actuel
République du Mali) à cause de la situation particulière
créée par la résistance de l’Almamy Samory.
L’histoire
récente de la Guinée a été marquée
par des essais de reconstitution des vieux ensembles géopolitiques
disparus : l’Etat Dénianké de Koli Tenguéla,
à la fin du XVI ème siècle, œuvre des
Almamy Peulhs, l’Etat musulman fondé au XIV ème
siècle par El Hadj Omar TALL. |
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Quelques
dates marquantes de la colonisation de la Guinée : |
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- 20
Janvier 1880 : l’île de Tombo est placée sous
protectorat français par le roi de Dubréka. Cette
démarche visait à échapper à l’influence
anglaise grandissante dans les environs.
- 1882
: Constitution des " Rivières du Sud " en colonie
dépendant de Dakar avec BAYOL comme premier Gouverneur.
-
1er
Janvier 1885 : Le lieutenant Gouverneur BAYOL obtient du roi de
Dubréka une concession domaniale sur l’Ile de Tombo
où se trouvaient déjà quelques factoreries
et un poste allemand à Boulbinet.
-
24 Décembre 1885 : Renonciation de l’Allemagne à
s’implanter sur l’Ile de Tombo et en contrepartie,
celle-ci obtient un territoire à la frontière entre
le Togo et le Dahomey.
- 12
Juin 1886 : Le Portugal prend acte de la présence française
dans le Rio Nunez et reçoit en compensation Ziguinchor,
en Casamance.
- 8
Juin 1889 : Cession définitive à la France de l’Ile
de Tombo.
- 1er
Août 1889 : Création de la colonie des " Rivières
du Sud " (cf. J.O du 19/9/1889).
- 17
Décembre 1890 : Autonomie complète par rapport au
Sénégal, de la colonie des " Rivières
du sud ", avec Dr Noël Victor BALLAY comme Gouverneur
installé à Conakry.
- 17
Décembre 1891 : Création de la Guinée française
et dépendances comprenant en plus de la Guinée,
Grand-Bassam en Côte d’Ivoire et Porto-Novo au Dahomey.
- 10
Mars 1893 : Grand Bassam et Porto Novo seront détachés
de la Guinée française et dépendances pour
donner naissance à la Guinée Française.
Depuis lors, la France, convaincue de sa suprématie dans
la région, va entreprendre de matérialiser sa présence
sur le terrain et conquérir l’arrière- pays.
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Après
la seconde Guerre mondiale, plusieurs partis politiques se constituèrent
dans la colonie de la Guinée française le PDG dirigé
par Ahmed Sékou TOURE, chef syndicaliste, devenu la première
force politique du pays, lance une campagne d’opposition au
projet d’intégration dans la Communauté française
proposée par le Président de la République
française de l’époque, le Général
Charles De Gaulle.
La
" Guinée " fut ainsi la seule colonie française
à voter " NON " à ce projet lors du référendum
du 28 Septembre 1958 et à demander son indépendance
immédiate.
C’est
ainsi, qu’à la différence des autres pays africains
colonisés par la France, le nouvel Etat souverain proclamé
" République Démocratique Laïque et Sociale
de Guinée " se vit supprimer toute subvention de la
métropole. Isolée également des autres nations
occidentales, la Guinée se tourna progressivement vers l’URSS
et la Chine et s’engagea dans un système de gestion
socialiste de son économie. |
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Premier
Président de la " République Démocratique
Laïque et Sociale de Guinée ", Sékou TOURE
, à l’origine très populaire, mit en place un
régime dictatorial à parti unique. Il dénonça
plusieurs tentatives de coup d’Etat qui furent suivies de répressions
impitoyables où furent éliminés ses rivaux comme
ses anciens compagnons de lutte.
La
mort subite, le 26 mars 1984 permit à l’Armée
de porter au pouvoir le Général Lansana CONTE et un
Comité militaire de Redressement National (CMRN), mettant
ainsi un terme au long règne du parti unique (PDG), le 3
avril 1984.La Deuxième République qui, tout comme
la 1ère naît sans effusion de sang, sous la Présidence
du Général Lansana CONTE , supprime le parti unique
PDG et toutes les institutions et proclame l’avènement
d’une société libérale. |
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En
1990 fut créé un Comité de surveillance destiné
à superviser la transition de la Guinée vers le multipartisme.
Un projet de constitution démocratique fut élaboré
puis adopté en 1991. L’amnistie fut décrétée
pour les délits politiques et le multipartisme instauré. |
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En
décembre 1993, la première élection présidentielle
pluraliste eut lieu. Elle fut remportée par le Général
Lansana CONTE, actuel Président de la République de
Guinée.
Le promoteur de cette œuvre, le Général Lansana
CONTE, aura géré de 1984 à 1993, date de son
élection à la magistrature suprême du pays, un
Etat d’exception qui aboutira à l’instauration
d'un régime démocratique et d'un Etat de droit en République
de Guinée. Son investiture en janvier 1994, a mis fin à
la 2ème République. Lansana CONTE est donc le premier
Président de la 3ème République. |
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