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HISTORIQUE
DU R P G |
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Rassemblement
du Peuple de Guinée Juin 2003
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| En décembre 1983, nous avons publié une brochure qui exposait l’ensemble des raisons de notre opposition radicale au pouvoir du « Parti-Etat » du PDG : « Pourquoi luttons-nous ? » Au lendemain
de la prise du pouvoir par le CMRN, un document intitulé «
Déclaration commune sur la situation en Guinée » a
été publié par trois mouvements : A- / DÉCLARATION COMMUNE SUR LA SITUATION EN GUINÉE (Extraits) « Le 03 avril 1984, l’armée guinéenne a pris le pouvoir à Conakry, empêchant ainsi le développement de la lutte entre les différents clans rivaux du « Parti-Etat » qui chercheraient à s’éliminer les uns les autres pour la place de « responsable suprême » tout en s’entendant pour sauvegarder l’essentiel, c’est à dire empêcher que le peuple ne se révolte et ne leur demande des comptes. Toutefois, nous estimons que le démantèlement effectif des structures de la dictature, l’abolition radicale de ses pratiques inhumaines et l’assurance qu’un tel régime et de telles pratiques ne se produiront plus jamais dans notre pays nécessitent : a)- Que toute
la lumière soit faite sur les tortures, les meurtres et les disparitions
dans les « camps de morts ». Les camps d’internement devront être ouverts au public et les instruments de torture exposés et solennellement détruits. Les charniers existants seront recherchés et localisés pour que les restes des victimes anonymes de la dictature soient transférés au « Cimetière des Héros du Peuple » Le témoignage des compagnons encore vivants et des familles de ces martyrs sera soigneusement recueilli et largement publié. b)- Que les tueurs, tortionnaires et autres agents notoires de la répression du peuple soient, après enquêtes contradictoires, déférés devant des juridictions dûment habilitées à statuer en matière de crimes contre l’humanité et châtiés en fonction de leur responsabilité personnelle. c)- Qu’une Commission nationale d’enquête représentative de toutes les couches sociales du pays fasse l’inventaire des biens spoliés et mal acquis en vue, selon les cas, soit les restituer à leurs propriétaires légitimes ou à leurs familles, soit de les confisquer au profit de l’État. - L’indépendance et souveraineté nationale ; ce qui suppose un développement harmonieux de notre économie, de notre diplomatie et de notre culture en dehors de toute domination étrangère… L’initiative privée nationale sera encouragée, aidée et encadrée. - Sauvegarde de l’unité nationale ; c’est-à-dire reconnaissance, égalité et respect de l’identité socioculturelle des différentes nationalités et des différentes régions de notre pays. - Instauration
et respect des libertés démocratiques : c’est-à-dire
la liberté pour toutes les Le 12 avril, les trois mouvements ont publié une brochure intitulée «Mémorandum au CMRN» Après avoir rappelé leur déclaration commune du 04 avril, ils écrivaient : (Extraits du Mémorandum) « Dans une déclaration commune adoptée le 04 avril 1984 à Paris et reproduite ici en annexe, les organisations sous-signées, au nom des exilés guinéens anti-impérialistes et progressistes, ont accueilli avec satisfaction les mesures de redressement national proclamées par le Comité Militaire qui, le 03 avril 1984, a pris le pouvoir à Conakry. Nous renouvelons ici nos félicitations sincères et chaleureuses aux Forces armées guinéennes (terre, mer, air, polices, douanes, gendarmerie, milice) qui ont saisi l’occasion de la mort de Sékou TOURE pour aider notre peuple à se libérer de la dictature du PDG et de ses clans rivaux. Voici donc venue, pour notre pays et pour nous, une nouvelle et grande période d’espoir et de défi dont la portée historique rappelle les moments vécus aux lendemains de la longue « nuit coloniale ». SORTIR D’UNE DICTATURE N’EST PAS FACILE Après avoir noté l’allégresse dont faisaient preuve les Guinéens, le mémorandum notait : « Il n’est guère facile de sortir d’une dictature sanguinaire et inhumaine de vingt-six années de règnes. Une période de flottement, de péril et d’incertitude se présente forcément. La clarté de nos options, la vigueur de notre détermination à aller de l’avant et l’unité consciente et organisée de notre peuple constituent nos seuls atouts contre un retour offensif de l’ordre ancien. Parallèlement à cette allégresse, il nous faut nous pencher sur la réalité de notre pays, mesurer l’ampleur des tâches qui nous attendent, et jeter les bases du travail à accomplir pour que jamais on ne regrette Sékou Touré et son régime. C’est la seule raison d’être de ce mémorandum ». ÉVITER LES MALENTENDUS « Aussitôt sa formation, le Comité Militaire de Redressement National a sollicité « l’aide alimentaire » auprès des ambassades des grandes puissances occidentales ! A notre avis, une telle démarche ne pouvait que porter atteinte à la dimension historique de la mission de redressement national que vous venez de vous donner. C’est le lieu de rappeler avec force qu’il est plus que jamais urgent d’inviter notre peuple à compter sur lui-même et à consentir encore davantage d’efforts pour éviter de tomber dans les impondérables de nations assistées. Notre pays a les ressources naturelles, la capacité intellectuelle et technique d’atteindre l’autosuffisance alimentaire en un temps record, si on y met le prix (en efforts, esprit de sacrifice et unité nationale). Ce qu’il importe au contraire d’éviter, à notre avis, c’est de récupérer des éléments équivoques, corrompus ou responsables de méfaits notoires sous l’ancien régime car cela peut engendrer une méfiance durable de notre peuple meurtri et nuire par-là à sa mobilisation décisive. Les patriotes et progressistes guinéens ne sauraient taire les agissements d’une fraction de la bourgeoisie guinéenne exilée qui n’a pas hésité à s’allier au fascisme portugais et à l’apartheid sud-africain pour venir commettre leurs forfaits contre notre pays, donnant ainsi à Sékou Touré les prétextes qui lui manquaient pour déclencher la répression la plus sanglante de notre histoire, avec les encouragements de ses inconditionnels, la compréhension bienveillante et la neutralité de nombreux démocrates d’Afrique et d’ailleurs. Non contents de «s’allier au diable » comme ils l’ont eux-mêmes déclaré, ces criminels se sont mis au service des pires ennemis de l’émancipation des peuples et ont même perpétré, aux côtés de mercenaires universellement connus comme tels, des crimes contre nos frères du Shaba, du Bénin et des Comores. » Un mois après la prise du pouvoir par le CMRN, nous avons publié ‘’Quel avenir pour la Guinée ?‘’ et une plaquette. Pourquoi ? « Il s’agissait de mettre le CMRN en garde contre un certain nombre de dangers pour l’avenir démocratique du pays et de montrer les deux voies possibles qui s’ouvraient devant le pays : - Illusion
puis retour vers un pouvoir despotique avec son lot de misère,
de répression et de régression ; 1)- Nous avons analysé les dangers : représentés par ce que nous appelions alors les pillards. 2)- Nous avons abordé ensuite les problèmes de la gestion économiques, de la démocratie et des libertés fondamentales. 3)- Enfin nous avons défini les deux voies ouvertes devant notre pays. Cette brochure fut largement diffusée, tous les membres du CMRN et du gouvernement reçurent officiellement un exemplaire. Il y eut un débat à la télévision nationale entre le ministre des Affaires Etrangères de l’époque, Facinet Touré et certains commerçants libano-syriens. Le ministre déclara approuver tout le contenu de la brochure alors que le représentant libanais nous accusait d’être des suppôts du PDG. » Il y eut beaucoup de controverses entre ceux qui prônaient un libéralisme sauvage et débridé et nous. Nos contradicteurs en mal d’arguments crurent trouver la réplique miracle : ‘’Vous ne faites qu’avancer des généralités sans rien proposer de concret.’’ Nous avons alors publié ‘’Propositions pour la Guinée’’ en décembre 1984 et créer le 1er janvier 1985 le premier journal libre de la Guinée indépendante : ‘’Le Patriote’’.
ATTENTION AUX PILLARDS ! « D’Europe et d’Afrique, des sociétés et des individus se bousculent et se précipitent. C’est une véritable course vers le nouvel Eldorado, la Guinée. Il s’agit de mettre la main au plus vite sur les immenses richesses de ce pays, de les piller au plus vite, quitte à laisser le pays exsangue. Ce mouvement qui avait commencé timidement sous le régime défunt connaît et va connaître une accélération exceptionnelle. Des pays de l’Afrique occidentale, la Guinée est le seul où il est possible aujourd’hui de réaliser des superprofits. Le Sénégal et la Côte d’Ivoire s’essoufflent et s’enfoncent dans la crise. » L’INTERNATIONALE DES VAUTOURS « Ces vautours qui s’apprêtent à fondre sur notre pays sont de plusieurs espèces. Nous allons les passer en revue. 1. Les intermédiaires
et courtiers. Ils sillonnent les pays africains, promettant monts et merveilles. - Il y a d’abord ceux qui viennent vous proposer leur service pour trouver tous les financements dont vous avez besoin. Ils prétendent toujours être en contact avec des milieux financiers des plus importants ou des institutions pré-crées. Ils sont prompts à vous promettre des centaines de millions de dollars à des conditions mirifiques : durée 15 ans ; intérêts : 8 à 10 % ; taux d’émission 94 et 96, etc. Mais en réalité, ils n’ont aucun compte dans aucune banque importante. C’est seulement une fois, qu’ils se sont fait remettre des mandats les autorisant à chercher des financements, qu’ils se font d’abord verser une provision et se présentent ensuite devant des banques internationales qui ne daignent même pas les recevoir vu le peu de crédibilité qui les entoure. Les pays mandant attendront en vain les fameux dollars pendant que les mandataires indélicats auront disparu avec la provision. - Il y a ensuite le vendeur d’«usines clés en main», un des grands fléaux du Tiers monde et principalement de l’Afrique. Combien de ces usines construites avec des dizaines voire des centaines de millions de dollars n’ont jamais fonctionné un seul jour ! - Ces «vendeurs d’usines» viennent donc vous proposer des usines avec financement à l’appui. Tout heureux de l’«aubaine» l’Etat signe sans trop de précautions. Le piège se referme. En effet le coût de l’usine est largement surévalué. Une usine qui vaut 80 millions de dollars est facilement présentée à 120 ! Les sociétés empochent l’énorme différence en laissant quelques miettes à leurs complices locaux. L’usine terminée, apparaît l’autre aspect du piège. Souvent elle ne tourne même pas, par manque d’investissements indispensables en amont et en aval. Les sociétés ont signé pour une «usine clés en main» et non pour «livraison de l’usine en état de fonctionnement». L’Etat ne peut refuser de réceptionner l’usine car les termes du contrat sont précis. - Ainsi une cimenterie construite à la frontière entre le Bénin et le Nigeria pour le compte des deux pays fabrique un ciment deux fois plus cher que celui acheté chez le détaillant qui se ravitaille sur le marché extérieur. - La Sucrerie de Savè, qui a coûté 120 millions de dollars au Bénin, n’a pas fonctionné un seul jour, par manque de fonds de roulement et de … matière première ! - Parfois, l’usine est tellement sophistiquée, tellement inadaptée aux capacités technologiques du pays que, pour la mettre en marche, il faut faire venir tout un contingent de cadres étrangers dont les traitements sont versés en devises. - Il arrive même des cas où l’usine importée dans des caisses reste bloquée au port jusqu’à la détérioration complète des pièces essentielles au fonctionnement après montage. - Les libano-syriens : Les mesures d’essence nationaliste prises en 1959 – 1960 (création de la monnaie nationale ; création du Comptoir guinéen de commerce extérieur et Comptoir guinéen pour le commerce intérieur ; des magasins d’Etat) avaient entraîné une fuite massive de trafiquants libano-syriens vers les pays voisins : Sierra Leone, Sénégal, Côte d’Ivoire. - Pourquoi devons-nous barrer la route aux Libano-syriens et à tous leurs semblables ? 1- Le Libano-syrien est généralement synonyme de fraude douanière et de trafic. 2- Fraude fiscale : Non content de frauder la douane, le Libano-syrien refuse de payer les taxes. Il présente au contrôleur des factures truquées. Il vend sans jamais donner de reçu. D’où impossibilité de connaître son chiffre d’affaires. Pour échapper à tout contrôle sérieux, il corrompt les contrôleurs. Là aussi, d’importantes ressources échappent aux caisses de l’Etat. Tout le monde sait que les principales ressources des Etats dans les pays sous-développés sont surtout constituées par les droits de douane et les taxes sur la consommation. En organisant une vaste fraude dans ces deux domaines, le trafiquant Libano-syrien met l’Etat à genoux. 3- Pratique de l’usure : Le Libano-syrien excelle dans la pratique de l’usure à l’égard des paysans. Il prête au paysan pauvre l’argent dont celui-ci a besoin pour faire face à ses besoins avant la récolte à des conditions scandaleuses. Pour payer sa dette, le paysan est tenu de lui livrer sa récolte au ¼ de sa valeur. Ainsi, pour 10 francs prêtés, le Libano-syrien reçoit 40 francs en marchandise. Le paysan, contraint de bazarder sa récolte au ¼ de sa valeur, est ainsi obligé de recourir encore à l’usurier Libano-syrien, s’enfermant ainsi dans un cycle sans fin. 4- Pratique de la corruption généralisée : Pour s’assurer l’impunité et la bienveillance, le Libano-syrien généralise la pratique de la corruption : les dirigeants, les policiers, les contrôleurs, tout y passe. Ces cadres de l’Etat, au lieu d’être au service du pays, seront ainsi de plus en plus au service de ces trafiquants. Le problème du Libano-syrien n’est pas un problème racial. En effet, il ne s’agit pas d’une discrimination raciale, mais d’un problème à la fois politique et économique. C’est d’abord un problème politique. Le colonisateur, pour asseoir sa domination, s’était servi des libano-syriens en Afrique de l’Ouest, des Grecs en Afrique centrale, et des indo-pakistanais en Afrique orientale. Ces éléments ont fini par constituer une véritable classe exploiteuse au service du colonisateur, car leurs intérêts coïncidaient avec les intérêts du colonisateur. A quelques rares exceptions près, ils ont été ainsi du côté du colonisateur contre l’indépendance de nos pays. Après les indépendances, ils ont été au premier rang de ceux qui ont favorisé le développement de la fraude, de la corruption et de l’exploitation éhontée de nos masses paysannes. C’est ensuite un problème économique. Les ressources essentielles des pays sous-développés proviennent des droits de douane et des taxes. C’est grâce à ces fonds que l’Etat peut faire face aux dépenses de fonctionnement et d’investissements socio-économiques. En organisant une fraude systématique, ils mettent nos Etats à la merci des puissances étrangères. En organisant le pillage systématique de nos campagnes par la pratique de l’usine, ils appauvrissent nos paysans. En organisant l’exportation frauduleuse de nos produits, ils privent le pays de devises et sabotent la production. Telle est la réalité. (fin de citation) BIEN GÉRER SON ECONOMIE Bien sûr la gestion d’une économie sous-développée n’est pas un jeu d’enfant, ni un gadget pour des incompétents ou des pouvoirs népotiques à la PDG. Cette gestion requiert, en plus de la technicité, une bonne dose de patriotisme et de sens politique aigu, orienté vers le bien-être des travailleurs, des paysans et du progrès social. Ceux qui, d’ordinaire, font de la politique une occupation de tous les jours, ont la tendance de l’ogre qui avale les petits enfants, non pas pour assouvir une faim quelconque, mais bien pour empêcher que les enfants ne grandissent et ne demandent des comptes à l’ogre au sujet de tous les enfants déjà avalés. (fin de citation) LA TENDANCE DE L’OGRE Le premier antidote contre les évidences qui ont tendance à déraper parce qu’un homme les manipule à sa guise, est de permettre à d’autres hommes d’avoir un moyen de contrôle quelconque sur le manipulateur ; d’avoir le moyen et le courage de porter les contradictions en toutes occasions, c’est-à-dire que ces hommes doivent jouir sans limite de leurs libertés démocratiques. La tendance de l’ogre n’est ni une fatalité ni une donnée innée. Elle s’acquiert lorsque, sur-le-champ du jeu politique, un homme s’appuyant sur une structure fascisante, élimine une par une les libertés démocratiques, individuelles et les remplace par de fallacieux libertés et droits du peuple sans que le peuple ait la moindre possibilité de se prononcer, cet homme dira bientôt : «Les droits de l’homme ne sont rien devant les droits du peuple». Quelque évidence criminelle, d’autant plus que cet homme n’aura de cesse qu’une fois qu’il aura fait de l’État une machine à broyer toute velléité de contestation. Ainsi le «Parti-État» devient-il un instrument docile et efficace au service de «l’Homme-peuple». Lorsque l’étendue et la profondeur du champ politique sont conformes à celui du jeu des libertés démocratiques véritables, le danger de l’émergence de l’ogre peut être contenu, encore qu’une vigilance sans complaisance ni laxisme continue d’être exercée. Ainsi les hommes qui ont en charge la destinée d’un pays ont le devoir sacré de dire la vérité sur leurs intentions et les moyens qu’ils comptent utiliser pour réaliser ces intentions dans le cadre des libertés individuelles qu’ils se sont engagés à respecter. (fin de citation)
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